
Murdle : le concept, en deux mots
Lors de notre dernier voyage à New York, j’ai découvert Murdle.
Un livre de logique absolument addictif où l’on doit aider le détective Logico à résoudre des meurtres à grand renfort de grilles, de suspects haut-perchés et d’armes insolites.

Chaque énigme se présente sous la forme d’une courte scène de crime, accompagnée d’indices numérotés.
À l’aide d’une grille de déduction (suspects, armes, lieux, parfois mobiles), on élimine les possibilités une à une jusqu’à trouver la solution unique.
La difficulté grimpe progressivement au fil du livre, avec des mécaniques qui se complexifient : indices croisés, cartes à consulter, messages chiffrés à décoder…

Pour faire simple, c’est comme le Cluedo.
Il faut trouver qui, où, comment et parfois pourquoi.
Sachant qu’il ne peut y avoir qu’un seul suspect, une seule arme, un seul mobile pour un seul lieu.
Si le suspect A est dans le lieu B, il ne peut pas être dans les lieux B, C ou D.

Sur le papier, c’est le paradis des amateurs de casse-têtes. J’ai tellement adoré le concept que j’ai déjà le volume 2 qui m’attend bien sagement sur l’étagère !
La valise étant déjà bien pleine, j’ai préféré attendre de rentrer en France pour me procurer l’édition francophone, pensant aussi que le fait de ne pas « saisir tous les jeux de mots en VO » me ferait sûrement passer à côté du sens de certaines énigmes.
Grosse erreur !
Car au fil de mes lectures et de mes séances de remue-méninges, je me suis parfois retrouvée face à un mur. Des indices contradictoires, des énigmes carrément insolubles…
J’ai retourné le problème dans tous les sens, pas moyen de trouvé la solution.
Grosse remise en question, on efface tout, on recommence, mais rien à faire ça ne fonctionne pas !
Au bout de 2 soirs à me prendre la tête sur UNE énigme, j’ai fini par aller « à la pêche aux infos » sur le net, et là : révélation ! Le problème ne venait pas de mes capacités de déduction, mais… de la traduction française (publiée chez Marabout).
Spoiler, les éditions espagnoles et polonaises rencontrent le même soucis.
Et le moins que l’on puisse dire, c’est que l’éditeur est resté assez discret sur le sujet : je n’ai trouvé aucun communiqué officiel, erratum ou correction à l’horizon pour nous aider.
Pour éviter que vous ne vous arrachiez les cheveux comme moi, j’ai décidé de regrouper ici toutes les coquilles et erreurs de traduction du Volume 1 afin que vous puissiez mener vos enquêtes sereinement, sans tricher avec les solutions de la fin !
Le problème récurrent : pourquoi ça coince ?
En analysant les énigmes qui posent problème, on se rend compte que les erreurs de traduction se classent principalement dans deux catégories :
Le piège des tailles (pouces vs centimètres) : Énigmes 32, 46, 50 & 55
Dans la version originale en anglais, les suspects sont comparés par leur taille en pieds/pouces (feet/inches). Lors de la traduction en système métrique, la formule de conversion a été appliquée de façon un peu bancale.
Résultat : l’ordre des tailles entre les suspects a parfois été inversé ou faussé !
Et le coupable n’est plus le même.
Donc dès qu’un indice mentionne « le deuxième suspect le plus petit« , méfiance, l’énigme risque d’être plus compliquée.

C’est le bug le plus connu du livre, notamment sur l’énigme 55.
- Le problème : Le texte français vous dit que le Principal Applegreen mesure 1,55 m, ce qui en ferait le plus petit des suspects. Or, les indices précisent que le « plus petit » a un piolet, tandis que le seul droitier (qui est aussi Applegreen) a un sécateur.
C’est mathématiquement impossible, un suspect ne peut pas avoir deux armes ! - La correction : Dans la version originale, Applegreen mesure en réalité 1,80 m (5’11 »). Ce sont Honey et Raspberry qui sont plus grands que lui (environ 1,83 m / 6’00 »).
Applegreen n’est donc PAS le plus petit suspect ! Vous pouvez corriger sa taille dans vos notes pour débloquer la grille.
Les codes secrets à déchiffrer : énigme 92
Plusieurs énigmes utilisent un système de décodage basé sur un symbole et un mot associé.
Il faut alors prendre en compte la première lettre du mot.
Le problème : la traduction a été faite mot à mot plutôt qu’en préservant la logique du code.
Par exemple, « Water » (qui commence par W) est traduit par « Eau » (qui commence par E) : le code fonctionne en anglais, mais plus du tout une fois traduit, puisque la lettre de départ change. Résultat : des mots qui n’ont aucun sens une fois décodés en français.
Il faut donc déchiffrer le message en anglais puis le traduire.

Ce type d’erreur ne serait pas propre à l’édition française : les mêmes soucis de traduction reviendraient également dans d’autres langues.
Et pour le Volume 2 ?
Comme j’ai le deuxième volume sous la main, je vais l’attaquer très prochainement. Promis, je garde mon carnet de détective grand ouvert et je noterai toutes les incohérences de traduction que je croiserai en chemin pour vous proposer une correction spécial Volume 2 !
En attendant, ne jetez pas votre livre de frustration : armez-vous d’un crayon, corrigez directement les énoncés des énigmes citées ci-dessus sur vos pages, et bon Murdle à tous !

Est-ce que je conseille Murdle, même si il y a quelques couacs ?
OUI, je continue de recommander Murdle : le concept est original, bien pensé, et réellement addictif une fois qu’on est pris dans l’engrenage.
Il suffit simplement de savoir, avant de commencer, que certains blocages ne viennent pas de vous mais du livre lui-même.
Et si vous êtes suffisamment à l’aise en anglais, pourquoi ne pas tenter Murdle en VO !
Pour les plus jeunes, il existe une version Murdle Junior, parfaite pour les ados !
Bloqué sur d’autres énigmes à cause de la traduction ? Dites-le-moi en commentaire pour que je les ajoute à la liste !
Ceci n’est pas un article sponsorisé, livres achetés par nos propres moyens.
C’était mon anniversaire 😀

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